Faire soi-même sa trousse de secours

Romain Mouton | 14 mars 2017

Le trek nous permet de prendre une pause d’une vie quotidienne le plus souvent stressante, de se retrouver seul(e)(s) avec la nature et de se couper du monde. La vision idyllique quoi. Sauf quand l’accident survient, et là, on n’aimerait bien qu’il y ait un peu plus de monde autour de soi. Avoir une bonne trousse de secours (ou pharmacie), c’est déjà du souci en moins. Pour moi, c’est le deuxième point de matos à ne pas oublier lorsqu’on part en montagne. Le premier étant de l’eau… nan, mais je le rappelle, au cas où…

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One pharmacie to rule them all!

La trousse de secours pour le trek est prévue pour  soigner les petits bobos et permettre votre survie en cas d’accident jusqu’à un potentiel sauvetage. Vous n’aurez donc pas besoin des mêmes choses suivant que vous êtes en train de randonner proche d’une vallée alpine avec un système de secours bien rodé, ou que vous êtes dans les Andes où les personnes se font rares sur les chemins, et où les hélicoptères mettent au mieux une demie journée à venir vous récupérer. Pas de bol pour moi, je suis dans le deuxième cas de figure… Cet article est l'occasion pour moi de vous montrer comment j’ai conçu ma pharmacie.

La meilleure trousse de secours

La meilleure des trousses est votre niveau de préparation ! C’est en planifiant au maximum, en prenant connaissances du type de terrain, du parcours, de la météo (et autres) que vous allez minimiser le risque d’accidents. La formation entre également dans cette préparation, et je ne peux que vous conseillez d’augmenter vos compétences, soit auprès d’autres personnes plus expertes, soit en suivant des stages de perfectionnement. Ceux de la Croix Rouge sont assez intéressants par exemple.

 

Si l’on en revient à l’objet en lui-même, la meilleure des trousses est une trousse à pharmacie personnelle. C’est à chacun de prévoir un minimum de produits et d’ustensiles, en fonction de sa connaissance de soi. Je complète en revanche ma trousse lorsque je pars avec d’autres personnes. Comme je suis souvent le plus expérimenté (c’est un peu mon métier vous me direz), c’est à moi de prévoir une pharmacie de groupe, qui contiendra des éléments qui ne me seront pas forcément utiles (comme des tampons féminins par exemple). Si vous êtes le plus expérimenté, c’est à vous de vérifier que chacun ait pris ses médicaments personnels (surtout pour les asthmatiques et les diabétiques) avant de partir sur le terrain.

La trousse de secours (en elle-même)

En vous baladant dans les différents magasins proposant des trousses de secours, vous allez vous rendre compte qu’il y a un peu de tout et n’importe quoi. Il y a autant de trousses pour sauver le monde de la vache folle au Laos, que de trousses qui va nous péter dans les doigts lorsque l’on voudra juste prendre un pansement.

 

A partir de ce constat, je vois deux solutions. La première, vous prenez comme trousse un sac étanche ou une trousse de toilette avec le meilleur ratio solidité/masse et vous achetez tout le nécessaire. La seconde, vous prenez une trousse complète qui vous semble suffisamment robuste, et vous améliorez le contenu. Ma trousse actuelle est une trousse dont j’ai découpé tous les compartiments intérieurs pour faire de la place et dont j’ai amélioré le contenu. Enfin, depuis le temps, je l’ai complétement renouvelé maintenant.

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Pimp my pharmacie

Si vous êtes partisan de la première solution, je vous conseille de partir avec cette pochette, grande et légère pour y mettre plein de bordel. Je préfère les trousses à fermeture au sac de compression, pour trouver rapidement ce dont j’ai besoin. Dans le cas de cette trousse, faîtes une grosse croix au marqueur pour que les autres comprennent que c’est une pharmacie.

Pour la seconde solution, cette trousse me semble être une bonne base de départ.

Je place ensuite tout le bazar dans des ziplocs renforcés pour étanchéifier et compartimenter. Ces ziplocs supportent mal les frottements répétés, d’où le besoin d’une trousse en nylon. Enfin, je place ma pharmacie dans l’une des poches extérieures de mon sac pour y accéder sans avoir besoin de tout retourner pour la trouver.

Contenu de ma pharmacie

Avant de vous dévoiler le contenu de ma pharmacie, il est important d’écrire qu’il ne faut emporter que des médicaments ou des outils que l’on connaît et que l’on sait utiliser. Sinon, c’est du superflu car vous risquez de faire plus de mal que de bien. C’est pourquoi je n’emporte pas de scalpel...

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Contenu de ma pharmacie

Ma trousse de secours est composée des items suivants :

 

- Bobologie :

o Bande élastique (type ELASTOPLAST)

o Collyre

o Désinfectant

o Gazes

o Pansements

o Pansements à ampoules (type COMPEED)

o Sparadrap

o Straps

- Fiches

o Mal des montagnes

o Médicaments

- Médicaments :

o Contre les allergies

o Contre les cystites (MONURIL ou URIDOZ)

o Contre les diarrhées

o Contre les douleurs (IBUPROFENE ou anti-inflammatoires)

o Contre les imprévus : antibiotiques à large spectre

o Contre les maux de têtes (ASPIRINE ou DOLIPRANE)

o Contre les nausées

o Personnels : si vous suivez un traitement, si vous êtes asthmatiques, etc.

- Protection :

o Comprimés pour purifier de l’eau

o Couverture de survie légère

o Crème hydratante type NIVEA Soft

o Crème solaire indice 50

o Stick à lèvres

o Tampons féminins (optionnel)

- Ustensiles :

o Ciseaux

o Coupe ongles

o Contrôleur de saturation en oxygène

o Epingles à nourrice

o Gants stériles

o Interface bouche à bouche

o Pince à épiler

o Thermomètre

o Tire-tiques

Bobologie

Le désinfectant doit être dans des petits tubes et non pas dans des sprays, sensibles au changement d’altitude. Rien que sur le dernier semestre, j’ai vidé deux sprays de désinfectant juste à cause des fuites causées par la différence de pression.

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Pipettes parfaites pour l'altitude

Niveau pansement, je pars avec des bandes classiques que je découpe ensuite en fonction de mon besoin. J’en emporte une petite dizaine, vu que je suis souvent avec d’autres personnes en trek. Pour les plaies ou les blessures plus importantes, j’ai de la gaze et du sparadrap. J’emporte beaucoup de gazes car si la plaie est importante et qu’il faut stopper l’hémorragie, on a vite fait d’utiliser tout ce que l’on a…

 

Les straps sont des bandes collantes à placer directement sur la peau, venant faire un pont au-dessus d’une blessure pour la maintenir fermée. Ça ne pèse rien et c’est toujours utile, surtout quand on n’est pas très doué avec des couteaux…

 

Un incontournable en randonnée, le pansement à ampoules. Pour ma part, j’ai des COMPEED qui ne sont pas aussi bien que de la double peau à découper soi-même, mais qui vieillissent mieux. Pour faire en sorte qu’ils restent bien en place, j’utilise également une bande élastique de type ELASTOPLAST pour maintenir le COMPEED en place. Ce type de bande permet aussi de gérer dans une certaine mesure des problèmes musculaires.

 

Enfin, du collyre est toujours utile, surtout pour ceux qui ont les yeux sensibles. Et en montagne, le vent a vite fait de nous balancer plein de sables et de poussières dans la tronche.

Fiches

Ma pharmacie contient deux fiches. La première est la liste des médicaments à ma disposition, avec des explications permettant de savoir quel est le but du médicament en question. J’indique également les dosages maximums recommandés par mon médecin. Et ce en plusieurs langues : comme ça, si l’on me trouve par terre dans un état digne d’une fin de soirée, une autre personne pourra me venir plus facilement en aide.

 

La seconde fiche récapitule mes connaissances sur le mal des montagnes, elle aussi en plusieurs langues. Elle me permet surtout de reprendre le barème de Lake Louise pour calculer mes points.

 

Ces fiches sont plastifiées ou stockées dans des ziplocs renforcés pour qu’elles puissent tenir dans le temps et ne pas craindre les projections d’eau. Ces fiches me permettent également de retrouver mon sang froid lors des situations stressantes, car tout est écrit et je n’ai pas à douter de mes souvenirs.

Médicaments

Avant de s’auto-médicamenter, il est important de connaître ses médicaments. Allez voir votre médecin pour connaître les contre-indications, la compatibilité des médicaments entre eux et les dosages recommandés. Attention également aux dates de péremptions des médicaments.

 

Je prédécoupe mes médocs pour limiter le volume, et pour éviter que l’opercule s’ouvre tout seul, je les stocke dans des boîtes de boules QUIES avec une mousse que j’ai récupéré par ailleurs.

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Recyclage de boîtes Quies

J’emporte également de l’arnica et de la valériane, le premier pour réduire la douleur des courbatures le soir après une grosse journée, et si je dois encore être un peu actif au camp, et le second, pour calmer mes clients lorsqu’ils sont un peu stressés par la journée du lendemain.

 

Enfin, pour vos médicaments personnels, prévoyez un stock suffisant pour la durée du trek, et pour quelques jours supplémentaires en cas d’imprévu.

Protection

J’emporte un stick à lèvres et un petit tube de crème solaire dans les cas où j’ai oublié ces éléments de matos chez moi (et ça arrive plus souvent que vous pensez…), si les tubes principaux sont finis ou si quelqu’un dans mon groupe me taxe un peu trop de protection. Pour minimiser la masse, je pars avec un PIZ BUIN Combo Stick IP50+.

 

La crème hydratante permet quant à elle de soigner mes mains et mon visage qui sont exposés aux froids, ou pour soulager la peau des effets du soleil (à appliquer seulement en fin de journée).

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NIVEA Soft et PIZ BUIN (stick + crème solaire)

La couverture de survie dans ma pharmacie est un modèle léger, à usage quasi unique (sauf si vous avez la patience de la replier). J’ai longtemps pensé qu’elle ne servait à rien, car si l’on n’avait froid, il suffisait de rajouter une couche de vêtements. Et pour moi, une doudoune est quand même plus efficace que ce papier métallique pour avoir chaud. Sauf que j’ai dû un jour envelopper quelqu’un en état de choc sur un trail et j’étais bien content de l’avoir (et lui aussi). Petit rappel sur son utilisation : pour avoir chaud, il faut que la partie couleur soleil (or) soit face au soleil, et pour se protéger des rayons du soleil, côté miroir (argent) à l’extérieur. Bien s’envelopper dedans sans laisser de trous.

 

Les tampons féminins, c’est si vous êtes une femme, ou si vous êtes le plus expérimenté du groupe (et par suite responsable). C’est le genre de trucs cons qui embêtent bien la vie quand on a oublié d’en prendre.

 

Enfin, je prends également quelques comprimés pour purifier de l’eau dans la pharmacie, encore une fois, au cas où j’ai oublié la boîte principale ou que j’ai un problème avec cette dernière.

Ustensiles

Les deux ustensiles à avoir absolument sont une paire de ciseaux et une pince à épiler. C’est la base, la paire des ciseaux servant à couper les pansements et les bandes à la bande longueur, et la pince à épiler à retirer les épines de ronces ou de cactus particulièrement douloureuses.

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Micro-ciseaux et micro-pince à épiler

Un coupe ongles est souvent utile, surtout si vous avez tendance, comme moi, à oublier de vous couper les ongles avant de partir.

 

En option, vous pouvez mettre un tire-tiques si vous allez dans des zones où ces petites bestioles pullulent. Bon, moi, dans les Andes, vu comment c’est sec, je n’ai plus trop de genre de problèmes. Un thermomètre peut être utile, ainsi qu’un capteur mesurant la saturation du sang en oxygène (si vous partez en altitude).

 

J’ai également un objet me permettant de faire du bouche-à-bouche sans qu’il n’y ait d’échanges de fluides avec l’autre personne. Toujours dans le but de limiter ce type de contact et donc les risques de contaminations, j’emporte deux paires de gants stériles pour partir à la recherche des potentiels plaies en cas d’accident.

Voilà, vous savez tout sur ma trousse de secours et j’espère vous avoir donner des idées pour la vôtre. Bien sûr, une trousse de ce type pèse son poids, mais dans mon cas de figure, elle doit permettre de faire face dans des terrains reculés et où les secours ne viennent généralement pas. Si vous partez en France, il y a moyens de réduire la trousse en mettant de côté par exemple les médicaments. Dans tous les cas, n’oubliez pas de vous former aux premiers soins et de n’emporter que des choses que vous savez utilisé.

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