Mieux vivre son bivouac

Romain Mouton | 27 avril 2017

Après avoir lu mon magnifique article sur comment bien choisir son bivouac, vous savez que je n’ai pas la rédaction de titres percutants dans le sang, et je l'espère, vous savez comment trouver un endroit où poser la tente.

 

Partons du principe que vous avez maintenant une aire de bivouac.

La glandouille se doit d’attendre

Avant de se la couler douce après une journée de marche, je vous conseille de monter votre tente au plus vite. Pourquoi ? D’abord pour pouvoir glander le plus tôt possible avec l’esprit léger ; ensuite, pour éviter d’avoir à le faire dans le noir, sous une averse, ou lorsque le vent s’est levé.

 

En effet, même s’il fait beau au moment de vous arrêter, rien ne vous dit que ça ne va pas très vite se dégrader. Il est sûr que les averses sont prévisibles à une dizaine de minutes près, mais le vent peut se lever d’un coup d’un seul, comme cela m’est arrivé en Islande, lors de ma traversée sud-nord. J’avais l’impression que quelqu’un avait alors appuyé sur l’interrupteur d'un ventilateur.

La to do list du planter de tente

Pas besoin d’avoir fait math-sup pour savoir monter sa tente. Un simple stage en Lego® permet de se tirer de ce mauvais pas. Vous pouvez aussi acheter une tente qui se monte toute seule comme celle de D4, mais c’est porter des kilos en plus toute la journée pour gagner cinq minutes. Déconne à part, essayer déjà de monter la tente chez vous plutôt que de la découvrir un soir de bivouac. En montant et démontant sa tente deux trois fois, on comprend rapidement comment manipuler ce mécanisme de l’enfer.

 

Pour le reste, il n’y a qu’à suivre le programme suivant :

 

  1. Vérifier qu’il n’y ait pas de branches ou de petites pierres dans la zone où vous comptez poser le sol de la tente.
  2. Sortir la tente de votre sac, en évitant d’étaler le reste de vos affaires, afin d’éviter de les salir ou de les détremper avant de les rentrer dans la tente.
  3. Monter la tente
  4. S’il pleut mettre le sac dans l’abside, cette zone couverte par la toile mais qui n’a pas de sol, à l’entrée de la tente
  5. Installer le matelas et le sac de couchage, afin que celui-ci puisse respirer et se gonfler.

 

Voilà, le principal est fait, reste plus qu’à glander.

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Je suis prêt à glander

C’est maintenant la glandouille ?

Enfin pas tout à fait. Il faut maintenant s’occuper de l’eau, c’est-à-dire aller la chercher et la traiter si nécessaire.

 

Généralement, on a besoin d’eau pour boire, se laver ou se débarbouiller, faire la lessive et cuisiner. Il est recommandé de traiter l’eau avec des comprimés dits de purification. Pas besoin de traiter toute l’eau, uniquement celle qui vous servira à vous hydrater. Comme le processus prend deux heures, le temps que la pastille fasse bien effet, je vous conseille de boire une grande rasade avant de faire le plein. Des pompes filtrantes peuvent également aider à traiter de l'eau plus rapidement mais il faut faire attention, car elles ne s'occupent pas de tous les trucs nuisibles à notre santé.

 

Dans les randonnées de plusieurs jours, il est parfois intéressant de faire de la lessive pour avoir un sac léger. Comme le séchage prend du temps, je vous conseille également de faire la lessive avant de glander.

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S'il pleut, vous pouvez cuisiner dans l'abside à condition de bien aérer la tente et de faire gaffe à pas mettre le feu à la toile

Feu ou pas feu ?

D’une manière générale, je déconseillerai de faire du feu, sauf gros coup au moral (et si c’est permis bien sûr). Regarder les flammes permet de s’évader quand on a froid ou que l’on est trempé. Mais faire du feu consomme de la ressource, aussi bien les vôtres que celles de la nature, et ce, juste pour votre confort. Un bon équipement permet généralement de faire face aux coups durs, et vous pouvez également prévoir un petit encas plaisir pour vous remonter le moral. En revanche, si des foyers sont prévus pour faire du feu, hésiter pas à vous faire plaisir !

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Feu autorisé au Kevo Trail, les finlandais avaient même mis à disposition du bois

Maman, j’ai envie de faire popo !

Si vous ne l’avez pas lu, je vous conseille « Comment chier dans les bois ». Ce qu’il faut en retenir, c’est de trouver un coin éloigné du camp et de creuser un petit trou loin de tout court d’eau. Le trou n’a pas besoin d’être profond, une dizaine de centimètres suffit. Une fois l’opération terminée, il ne vous reste plus qu’à reboucher et à mettre le papier toilette usagé à la poubelle. Je ne suis pas un partisan du brulage de papier (à moins que vous avez fait un feu), ce n’est pas très clair si c’est bon ou pas pour la nature. Dans le doute, je ramène tout dans un sachet de congélation BIEN fermé.

Avant de se coucher

Vous avez bien glandouillé, mangé, profité du coucher de soleil et des étoiles, et vous vous dirigez tranquillement vers un sac de couchage, véritable moyen de transport vers les bras de Morphée.

 

Mais avant de vous coucher, quelques conseils :

 

  • Aller faire vos besoins, même si l’envie n’est pas pressante. Une fois dans le sac de couchage, on n’a plus vraiment envie d’y ressortir. Une vessie vide est aussi source d’économie d’énergie, votre corps n’ayant pas besoin de tenir l’urine au chaud.
  • Ranger vos chaussures dans l’abside de sorte à ce qu’elles ne touchent pas la toile. Ainsi, elles seront protégées de l’eau et de la condensation. S’il y a de la neige, je vous conseille de retourner les chaussures semelles vers le haut pour éviter que la neige vienne rentrer dans les chaussures, ou de les couvrir.
  • Ranger la nourriture dans des sacs étanches, ainsi que vos déchets, et placer le tout dans la chambre, pour éviter que des bestioles viennent tout pourrir.
  • Mettre des vêtements à portée, si l’on a besoin de sortir dans la nuit pour une envie pressante. L’idéal, c’est de les placer entre le matelas et le sac de couchage pour qu’il ne soit pas trop froid au moment de l’enfilage.
  • En cas de températures basses, faire en sorte de maintenir de l’eau suffisamment au chaud pour qu’elle ne gèle pas dans la nuit. Un petit encas à porter permet aussi de se réchauffer en fournissant de l’énergie à votre corps.

 

 

Je vous donne maintenant l’autorisation d’enfin vous endormir et de faire de beaux rêves…

Copyright © 2018 Romain MOUTON

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