Test du réchaud Omnifuel de Primus (modèle 3289)

Romain Mouton | 01 décembre 2015

test, avis, lemondeenrando, chipoz, randonnée, trek, primus, rechaud, réchaud, omnifuel, multi, fuel, carburant, conseil

Omnifuel en action sur l'île de Navarino

Acheté 159€ en 2010. Une nouvelle version proche de celle-ci est toujours disponible.

 

Probablement comme la majorité de français commençant la randonnée en autonomie, mon premier réchaud fut un modèle de la marque Camping-Gaz. Pas le bleuet mais le Twister. Qu’est-ce qu’il était beau, avec sa protection en plastique cachant les monstruosités nécessaires à son bon fonctionnement. Qu’est-ce qu’il était pratique avec son système de valve rapide. Mais qu’est-ce qu’il était lourd. Et puis incompatible avec les cartouches que l’on peut trouver à l’étranger.

 

Je ne sais pas pourquoi, mais les petits gars de chez Camping-Gaz ont leur système de valve à eux. Alors que toutes les autres marques partagent le même format, nos petits français ont décidé de faire bande à part. Ce qui revient à dire qu’une fois que vous êtes à l’étranger, où la marque est très peu présente, votre réchaud ne vous sert plus à rien. Le plus surprenant, c’est ce sont les autres marques qui commencent à faire des produits compatibles avec les cartouches Camping-Gaz pour le marché français, et pas le contraire, allez comprendre…

 

Le gaz, c’est fantastique. C’est propre, c’est facile d’emploi, le réchaud ne demande quasi pas d’entretien, ça sent meilleur que l’essence, mais dès qu’il faut froid, il n’y a plus personne. Lorsque les doigts de pied commencent à s’engourdir, l’essence devient incontournable si on souhaite manger chaud et boire autre chose que de la neige.

 

Pour éviter d’avoir trop de matos dans mon placard (à l’époque car maintenant, il me faudrait un deuxième placard), l’idée était de remplacer mon Twister par un réchaud acceptant des cartouches de gaz même à l’étranger et que mon nouveau brûleur puisse également tourner à l’essence. Et comme le trek, j’aime ça, je n’ai pas lésiné sur les moyens et j’ai opté pour le réchaud Omnifuel de chez Primus. Ce qui me plaisait, c’est sa capacité à consommer à la fois du gaz, de l’essence et du Diesel. Pour information, le réchaud ne brûle pas l’alcool à brûler, ni le dissolvant à ongles. J’ai essayé, ça ne fonctionne pas bien. Le discours commercial indiquait également que la fiabilité, à l’Omnifuel, c’était son truc. Et j’aime les choses fiables, surtout à ce prix-là.

 

Commandé en ligne, l’ouverture de la boîte vous fait rentrer dans un autre monde. Qu’est-ce que c’est que ce truc ? Ça vient de chez Primus ou de la NASA ? C’est dans ce genre de moment que tu regrettes que le mode d’emploi soit écrit en tout petit. Ce premier déballage lui a valu le surnom d’Optimus Prime, qu’il continue à porter depuis. Dans la boiboîte, on trouve le réchaud, une pompe, une bouteille de 530 ml, un outil multifonction, plusieurs gicleurs et une sacoche, ainsi qu’un réflecteur de chaleur en aluminium coupant et pas très pratique.

test, avis, lemondeenrando, chipoz, randonnée, trek, primus, rechaud, réchaud, omnifuel, multi, fuel, carburant, conseil

Omnifuel, sa pompe et son outil multifonction

test, avis, lemondeenrando, chipoz, randonnée, trek, primus, rechaud, réchaud, omnifuel, multi, fuel, carburant, conseil

Outil multifonction, avec pointe pour nettoyer les gicleurs

test, avis, lemondeenrando, chipoz, randonnée, trek, primus, rechaud, réchaud, omnifuel, multi, fuel, carburant, conseil

Le sac de transport, avec poche rabattable

test, avis, lemondeenrando, chipoz, randonnée, trek, primus, rechaud, réchaud, omnifuel, multi, fuel, carburant, conseil

gicleur, avec  valeur de diamètre gravé

Le réchaud est constitué d’un corps sur lequel viennent se visser plusieurs éléments. Il y a tout d’abord les gicleurs, au nombre de trois : une pour le gaz, une pour l’essence et une pour le gazole. Leur montage et démontage est possible grâce à un l’outil multifonction fourni. Tout ça reste très simple grâce à la possibilité de démonter la petite étoile au-dessus.

test, avis, lemondeenrando, chipoz, randonnée, trek, primus, rechaud, réchaud, omnifuel, multi, fuel, carburant, conseil

Avec étoile

test, avis, lemondeenrando, chipoz, randonnée, trek, primus, rechaud, réchaud, omnifuel, multi, fuel, carburant, conseil

Sans étoile, retenue par le porte-clés

Parlons-en justement de cette petite étoile. Lorsque le carburant sort du gicleur, il vient la frapper en son centre et se pulvériser pour mieux brûler. Sans petite étoile, le réchaud ne peut pas fonctionner. Quoique… J’ai essayé une fois avec du gaz et une casserole dessus, ça marche, mais je n’étais pas très confiant. Les gars de chez Primus ont alors employé une espèce de porte-clés pour relier l’étoile au corps, lorsque celle-ci n’est pas clipsée. Tout ça, c’est bien beau, mais il y a un problème. Lorsque le réchaud fonctionne, la petite étoile en prend plein la tronche et devient vite rouge écarlate. Elle a alors tendance à se dilater et à se déclipser. Rien de catastrophique pour la cuisson, mais lorsqu’elle refroidit, elle saute et devient libre. Normalement, le porte-clés la relie au corps, mais il empêche au clipsage initial. Au bout de plusieurs secondes de tricotage, la solution la plus simple reste de virer le porte-clés (mais vous pouvez toujours vous prendre la tête avec le porte-clés). Et là, vous voyez le drame arrivé. Si on ne fait pas attention, la petite étoile est vite perdue. Une fois que l’on a remarqué ce phénomène, on devient un stressé de l’étoile et lors du rangement du réchaud, on la cherche toujours. Je n’ose même pas imaginer si je la perds en plein milieu d’un trek de plusieurs jours. En fait si, je vous mens, je l’ai imaginé et je me suis procuré un kit d’entretien du réchaud qui comprend une autre étoile. C’est bon, on peut respirer…

 

Sur le corps principal est fixé un tuyau avec une gaine en métal pour l’approvisionnement en carburant. A chacune de ses extrémités, on retrouve un robinet. On dispose donc d’un double contrôle du débit pour régler au mieux la puissance de la flamme. Mais dans la grande majorité de mes utilisations, s’agissant de faire bouillir de l’eau, ce double réglage est inutile puisque c’est toujours à fond. Le réchaud a également tendance à s’éteindre si le réglage est trop fin.

 

Les pieds du réchaud peuvent pivoter autour du corps et assurent une très bonne stabilité. Il est même possible, si le cœur vous en dit, de placer sur chacun d’eux un bricolage maison type vis – écrou pour optimiser la mise à plat du réchaud. Mais je n’en ai jamais ressenti le besoin.

 

Le fonctionnement au gaz est simple. Il suffit de visser le robinet libre au bout de la gaine sur une cartouche avec le pas de vis compatible. L’ouverture de ce robinet permet l’alimentation en gaz, et le second est utile pour contrôler la flamme. Pour stopper l’arrivée de gaz, il suffit de fermer le robinet près de la cartouche et attendre que le gaz contenu dans la gaine se consomme entièrement. Le problème avec la gaine est que l’utilisation des grosses cartouches (type 450 grammes) n’est pas aisée. La gaine n’est en effet pas assez longue pour garder à la fois le réchaud et la cartouche à plat et au même niveau. Il faut se débrouiller à trouver un peu de relief pour que le fond de cartouche soit plus bas que les pieds du réchaud. Apparemment, j’ai lu quelque part qu’il était possible d’alimenter le réchaud avec la cartouche à l’envers comme sur le MSR Whisperlite Universal. J’avoue, je n’ai pas testé vu que ce n’était pas marqué sur le mode d’emploi. En revanche, aucun souci avec les cartouches plus petites.

 

Le fonctionnement à l’essence est déjà plus compliqué. Il faut tout d’abord placé la pompe sur la bouteille d’essence (une simple gourde en métal), puis mettre sous pression (une trentaine de coup histoire d’être tranquille). Ensuite raccorder la gaine, et ouvrir le robinet proche de la bouteille. Attention, il y a un sens de mise à plat pour la bouteille, qui est marqué sur le plastique noir de la pompe. Ce sens permet au plongeur d’être dans le carburant. Pour stopper le réchaud, il suffit de retourner la bouteille pour que le plongeur se retrouve dans l’air. Il faut alors veiller à ne pas trop remplir la bouteille pour que de l’air reste présent. La suite consiste à imbiber une espèce de coton avec l’essence en ouvrant le second robinet. On referme le second robinet, on allume et on attend que ça commence à faire un barouf d’enfer avant de pouvoir ouvrir à nouveau le robinet. Voilà, vous ne vous entendez plus parlé.

test, avis, lemondeenrando, chipoz, randonnée, trek, primus, rechaud, réchaud, omnifuel, multi, fuel, carburant, conseil

Tampon mal photographié

test, avis, lemondeenrando, chipoz, randonnée, trek, primus, rechaud, réchaud, omnifuel, multi, fuel, carburant, conseil

Pompe avec plongeur en laiton

Parmi les défauts que je lui trouve, c’est le bruit de fonctionnement. Il n’est pas envisageable d’être discret si vous le faîte péter dans un refuge. Au rayon des défauts, on retrouve aussi le manque de fiabilité, surtout au niveau de la gaine. J’ai déjà dû la faire changer une fois par le SAV, qui était à l’époque catastrophique. Ils m’avaient retourné le réchaud avec une nouvelle gaine endommagée, qui avait le bon goût de fuir avec du gaz mais pas avec de l’essence. Comme avant de partir, je teste mes réchauds, je l’avais testé avec de l’essence pour constater que tout allait bien. Coup de bol, j’avais réussi à trouver une cartouche de gaz sur le point de départ du trek. Qu’elle fut ma joie de me retrouver avec la présence d’une fuite lorsque j’ai dû l’utiliser avec du gaz, sous la pluie, dans un marécage et bien sûr loin de tout. Le distributeur français a changé depuis et le second passage au SAV a été déjà meilleur. J’avais également essayé de me procurer la gaine auprès de Primus, mais elle était suffisamment cher pour que l’achat d’un autre réchaud soit envisageable. On est très loin d’un SAV de MSR qui s’excuse et envoie la pièce défectueuse au plus vite.

 

En parlant de MSR, quand on voit la différence de prix entre l’Omnifuel et le Whisperlite Universal, c’est à se demander si les gicleurs du Suédois ne sont pas en or. A l’époque, j’avais déboursé 159 € pour le PRIMUS contre 116 € pour le MSR. Et comme vous le pouvez le constater sur le test du Whisperlite (à lire ici), les différences ne sont pas énormes.

 

Par contre, dès que le réchaud est en route, ça envoie du watt. Il ne faut pas longtemps pour porter de l’eau à ébullition, même quand ça caille. Il a même réussi à abimer le fond de ma gamelle lorsque j’ai fait fondre de la neige (je manquais un peu d’expérience à ce moment-là aussi…).

 

Le kit d’entretien de Primus est très complet, et en dehors de la gaine, il est possible de quasi tout changer sur le terrain.

test, avis, lemondeenrando, chipoz, randonnée, trek, primus, rechaud, réchaud, omnifuel, multi, fuel, carburant, conseil

Contenu du kit d'entretien

En conclusion, à moins que vous profitez d’une grosse réduction ou d’un bon prix en occasion, je ne recommande pas ce réchaud. Je ne le trouve pas plus fiable qu’un autre, tout au moins je suis déçu de sa performance de ce côté-là. Il est également nécessaire de prendre un kit d’entretien pour être sûr d’avoir de pas tomber en rade sur le terrain. D’autres modèles sont aussi performant pour moins cher. Bref, à oublier.

Masse du réchaud :

 

• dans sa housse version gaz : 420 grammes

• dans sa housse version essence : 520 grammes (sans la bouteille)

 

Note : pour la bouteille d’essence, je recommande d’adopter un code couleur. Par exemple, les gourdes rouges indiquent chez moi que ce n’est pas de l’eau. Sinon, il y a toujours la solution d’acheter une bouteille Primus avec de gros pictogrammes de tête de mort dessus. Ou de stocker son eau dans une poche à eau.

Cet article vous a plu? Inscrivez à ma newsletter pour être averti de l'actu du site. Un mail par moi, aucun spam.

Copyright © 2018 Romain MOUTON

La pratique de la randonnée, du trekking et du trail, tous comme les autres sports nature comporte des risques inhérents à ces activités. Lemondeenrando.com vous recommande de les exercer avec la plus grande précaution, et en fonction de vos capacités. Les informations fournies sur le site ne sauront en aucun cas, engager la responsabilité de leurs auteurs. Lemondeenrando.com décline toute responsabilité en cas d’accident, et ne saurait être tenu responsable de quelque manière que ce soit.

En cliquant sur 'OK', vous acceptez l'utilisation des cookies. Voir nos mentions légales. OK