Test des SpeedCross 4 de SALOMON

SALOMON a remplacé l’an dernier ses SpeedCross 3 par une nouvelle monture, intelligemment nommée SpeedCross 4. Après 250km à mes pieds, il est temps de vous dire tout le mal que j’en pense.

Romain Mouton | 18 avril 2017

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qu'elles sont belles quand elles sont propres

SALOMON et moi, c’est une histoire avec des hauts et des bas. J’ai découvert le trail avec les Ultra Pro 3D II de la marque. Une révolution pour moi ! C’était d’une part la première fois que je mettais autant d’argent dans une paire de baskets, et d’autre part, que je découvrais les joies de pouvoir courir léger sur les sentiers. Ces chaussures donnaient envie d’aller vite, d’aller loin et de sortir même lorsque le temps était pourri. Aujourd’hui, je ne dirais peut-être plus la même chose, car côté dynamisme, j’ai depuis connu mieux. Mais j’en garde tout de même un sacré bon souvenir.

 

Et puis en allongeant les distances de course, j’ai délaissé la marque, essentiellement à cause d’une robustesse très fluctuante suivant les produits. Et il faut bien se l’avouer, avec les tarifs hauts de gamme, j’ai cherché des approches différentes, avec des chaussures peut être plus lourdes, mais plus résistantes.

SpeedCross 3, si vous aimiez les terrains gras

Sauf pour LA paire de chaussures. Celle que l’on doit avoir pour courir quand les conditions sont grasses ou précaires, les SpeedCross 3. Avec une version CS ou Gore-Tex, le mesh tient le coup, et dans 20 centimètres de boue, plus besoin d’amorti. C’est le genre de chaussures qui permet de passer devant tous ceux qui ne l’ont pas lorsque la boue s’invite sur le sentier, et qui laisse à penser que l’on est trop fort… Avant de se faire rattraper dès que ça devient roulant parce que l’on est et l’on reste tout de même un poireau. SALOMON semblait avoir bien intégré la popularité de son produit en nous proposant dans un premier temps toute une gamme dérivée, puis ses remplaçantes directes, les SpeedCross 4.

 

Autant dire que mes attentes étaient grandes pour ces SpeedCross 4. J’appréhendais néanmoins à la lecture du communiqué de presse, mettant en avant une longévité accrue de la semelle. Mais dans la boue, la semelle, elle ne s’use pas non ? Une promotion les ramenant à moins de 100 euros m’a quand même fait passé le pas, et puis mes SpeedCross 3 commençaient à sérieusement tirer la langue.

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la filiation SpeedCross, où le besoin de se faire laver après chaque course

SpeedCross 4, les conditions de test

Vivant à Santiago, au Chili, ces chaussures ont vu la caillasse des Andes et la boue de Patagonie. Enfin, plus souvent la caillasse des montagnes près de Santiago, avec leur populaire « acarreo », genre de plages de petites pierres insupportables à la montée et très fun à la descente.

 

Mais j’ai aussi eu l’occasion de les tester sur les 70 kilomètres de l’Ultra Fiord, une course complétement dingue en Patagonie, où l’on a eu à faire face assez souvent à un terrain très gras. Je les ai eues à cette occasion les 30 premiers kilomètres au pied. Il fallait mettre des crampons par la suite pour traverser un glacier, et ce n’est clairement pas possible avec la semelle des SpeedCross.

 

En tout, j’ai couru un peu plus de 150 kilomètres avec. Soit à peu près la moitié de leur durée de vie estimée.

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le genre de terrain qu'on trouve en haute montagne au Chili

Le positif

SALOMON a, je ne sais comment, réussi à améliorer le look de la chaussure. La semelle aux crampons bodybuildés est toujours présente, donnant l’impression que la chaussure va bouffer tout ce qui se présente devant elle. Cette quatrième génération apporte des lignes bien plus biseautées, avec une gueule plus carrée. Ces chaussures sont de mauvais garnements, prêtes à en découdre à la moindre provocation. Bref, vous l'aurez compris, je suis fan.

 

Le système QuickLace est encore une fois de la partie, et toujours aussi efficace. Voire même addictif, car une fois rangé dans la poche sur la languette, rien ne dépasse. Plus de risques de voir les lacets se faire attraper par des branches ou des ronces.

 

Enfin, le confort général est toujours aussi bon. C’est bien simple, on a l’impression de mettre des chaussons et le déroulé de pied appelle à aller vite. Le maintien latéral gagnerait à être un peu plus ferme, mais ce sont des chaussures où l’on se sent bien dès le départ, et qui ne nous trahissent pas au fur et à mesure des kilomètres. Les pieds respirent bien, et la semelle OrthoLite est toujours aussi à l’aise dans la gestion de la transpiration. J’ai toujours les pieds qui puent après une sortie, mais au moins, ils sont secs.

 

Voilà pour le positif… Au passage, QuickLace et OrthoLite étaient déjà de la partie sur la version précédente…

Le négatif

J’ai envie de commencer par pousser un hurlement de douleur : rendez-nous l’adhérence ! Sur le sec, voilà que je me mets à avoir peur de glisser sur des sections où je passais sans crainte avec mes SpeedCross 3. En montée, ça passe encore, mais je ne grimpe pas non plus à 10 km/h. En descente, n’ayons pas peur de le dire, c’est une catastrophe. Elles prennent même une fessée par mes LA SPORTIVA Ultraraptor. Ouch ! Sur le gras de l’Ultra Fiord, j’étais d’ailleurs content de les échanger par ces mêmes Ultraraptor. Certes, on n’a pas le même dynamisme, mais encore faudrait-il avoir du rendement pour en profiter. Ils vous auraient fallu m’entendre à me vautrer dans la boue, je parlais alors à mes chaussures avec un langage peu recommandable. Oui, je parle à mes chaussures en course. Non, je vais bien, ma montre me l’a dit.

 

Un autre aspect négatif est le manque de protection pour empêcher les petites caillasses de rentrer dans les chaussures. Je n’avais pas spécialement constaté d’évolution entre les deux modèles au niveau de la cheville, mais maintenant, en descente dans l’acarreo, je dois m’arrêter toutes les cinq minutes pour vider les godasses. Encore une fois, ces SpeedCross 4 souffrent la comparaison avec les Ultraraptor…

 

Dernier point, l’amorti n’a pas évolué et on a toujours mal aux genoux après 30 kilomètres avec. Ce qui n’est pas forcément le cas avec mes autres chaussures. La robustesse non plus n’a pas évolué, et je sens que je vais déjà devoir bientôt les changer…

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détendu du genou au sommet du Cerro Manchon, 3720m

Alors, j’achète ou pas ?

J’ai une stratégie d’équipement qui tourne autour de trois types de chaussures. Une paire pour l’entraînement sur routes et chemins, une paire pour la longue distance, et une paire pour les courtes distances sur terrains compliqués. Mes précédentes SpeedCross prenaient le dernier rôle très à cœur. Ce n’est pas le cas des nouvelles.

 

A mon avis, SALOMON a tué le mythe SpeedCross, et je me retrouve aujourd’hui avec une bonne paire de chaussures, certes, mais ne sortant plus du lot. Je pense qu’il y a sur le marché d’autres offres équivalentes en termes de prestation à des prix bien moins chers. Donc non, à moins que vous aillez la méga promo du siècle, ou que vous ne pouvez pas résister à leur look, passer votre chemin.

 

Et si vous avez des idées de modèles pour terrain gras et humide, je suis maintenant preneur.

Copyright © 2018 Romain MOUTON

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