Test des BROOKS Cascadia 12

Après avoir fini mes Mantra 3 de SALOMON, j’étais à la recherche d’une paire route et chemins. La Cascadia 12 de BROOKS étant la moins chère au Chili, c’était la bonne occasion de changer de crèmerie.

Romain Mouton | 31 janvier 2018

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BROOKS Cascadia 12

BROOKS est une marque américaine réputée en trail pour ses fameuses Cascadia, développées fut un temps avec l’icône végan Scott Jurek. Je les ai découvertes lorsque ma femme s’en est procurée une paire (la version 10) pour courir sur les hauts plateaux éthiopiens, et ce premier contact m’avait bien refroidi. Défoncées en à peine 200 bornes, le coût au kilomètre affolait les compteurs pour des sensations plutôt moyennes.

 

Mais voilà, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, et devant les prix affolants du matériel de trail-running au Chili, il m’a fallu me rabattre sur la version 12 des BROOKS Cascadia pour ne pas faire péter la tirelire. Et puis ici, en dehors des SALOMON Speedcross 4, il n’y a pas grand choix. Et vu ce que j’en pense…

 

Mon équipement de coureur est composé de trois paires de chaussures. Une pour la compétition et les terrains super techniques, une autre pour les terrains gras et la neige, et la dernière pour mon entraînement quasi quotidien, typée route et chemins. C’est pour ce dernier usage que j’ai choisi les Cascadia 12. Ce que j’attends d’elles, c’est du confort et de la durée de vie. Pas question de me blesser à cause d’une mauvaise forme d’usure ou d’un mauvais amorti, j’ai déjà suffisamment d'opportunités de me flinguer le corps par ailleurs.

Les conditions de test

C’est la paire que j’utilise pour mes sorties quasi quotidiennes, notamment lors de mes séances spécifiques. Mais si vous savez, ces séances où les poumons sont à l’agonie et les cuisses en feu. Celles où l’on se dit que l’on n’aurait pas dû autant bouffer la veille…

 

Elles ont donc vu un paquet de trottoirs, de passages piétons, de crottes de chien et de sentiers dans des parcs naturels bien trop civilisés. Mais j’ai été aussi joueur et je les ai embarquées sur mon dernier Endurance Challenge de 80 bornes dans les montagnes proches de Santiago. Elles ont donc également vu de la caillasse, de la caillasse et encore de la caillasse. Avec de temps en temps une flaque ou deux histoire de dire qu’il y avait un peu de boue.

 

Avec 3 mois et 350 bornes au compteur, il est temps de vous dire ce que j’en pense.

Un confort exceptionnel

Disons-le tout de suite, ça faisait bien longtemps que je n’avais pas couru dans de tels chaussons. Et bien que j’eusse peur que le confort ne dure que les premiers kilomètres, il n’en fut rien. Malgré les nombreuses bornes parcourues, rien n’a changé.

 

Le déroulé est très agréable et j’adore la sensation de précision qu’elles procurent au niveau de la pointe de pied. Le pied est correctement maintenu dans la chaussure pour peu que l’on trouve la bonne technique pour lacer correctement (dur de se passer du QuickLace de SALOMON…).

 

L’amorti quant à lui se ressent bien, et même si les chaussures me paraissent fines et légères, c’est agréable de sentir ce coussinet de protection. Il me faut vous avouer que j’ai plus l’habitude d’avoir des tanks aux pieds que des chaussures minimalistes…

 

Forcément, avec aussi peu de matière, les pieds respirent correctement et je n’ai pas rencontré de problèmes liés à la transpiration. Mes pieds sentent toujours après une bonne sortie, mais ici, ils sont au moins secs.

 

Mon dévouement à la cause m’a poussé à chausser les Cascadia lors de mon dernier ultra Endurance Challenge de 80 bornes. J’ai dû modifier la tension des lacets durant l’épreuve pour compenser une perte de maintien du pied, mais hormis cela, rien à dire. A aucun moment j’ai eu l’impression d’avoir des plombs aux pieds et aucune blessure n’est à déclarer. Juste bluffant !

Une durée de vie propice aux économies

Pour le moment, et à près de 300 bornes, les chaussures ne montrent qu’aucun signe de fatigue. Etonnant de voir les progrès entre la version 10 de ma femme et cette version 12. Les semelles sont comme neuves, mais le plus impressionnant restent les meshs, qui entre la poussière, la terre et la caillasse locales, ne montrent rien des kilomètres parcourus. Je pense pouvoir les emmener facilement à 600 bornes, à voir si l’amorti ne va pas lâcher le premier (je mettrais cette partie à jour à la fin de vie des chaussures).

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Quand j'essaye d'innover dans les photos d'illustrations...

Une adhérence à la russe

Ou plutôt, une adhérence à la roulette russe. Sur mon dernier ultra, je me suis bien fait peur dans une descente technique. Alors que je pensais pouvoir envoyer du bois sereinement, ne voilà pas qu’une de mes semelles glisse sur de la petite caillasse et que je me retrouve à 18km/h, à courir de côté, évitant de justesse l’arbre vicieusement bien placé…

 

Ces Cascadia sont des perverses, du genre à vous faire croire que vous pouvez leur faire confiance, et à vous lâcher sans prévenir. J’ai autant envie d’écrire « une adhérence exceptionnelle » tant le nombre de fois où j’ai pu me rattraper à la pierre lisse et mouillée lorsque je traverse un ruisseau, que de vous dire « et vous appelez ça une chaussure de montagne ? » tant le nombre de fois où elles ont essayé de me tuer.

 

Avec du recul, il me semble qu’il y ait un point zut avec ces BROOKS. Avant le zut, tout va bien, on ressent une grosse accroche, avec du potentiel et ça nous donne l’envie d’envoyer plus fort. Mais une fois plus fort, il n’y a plus personne et on se dit qu’on aurait dû prendre un casque pour courir à cette vitesse.

 

En clair, à vous de voir si vous êtes kamikaze.

Une protection minimale

Forcément, quand on a la protection des LA SPORTIVA Ultraraptor en tant que référence, la concurrence est déloyale, surtout sur ce type de chaussures. On va dire que les Cascadia font le minimum, et c’est déjà bien.

 

Ces BROOKS donnent tellement envie d’aller courir que j’ai voulu les tester sur des parties plus minérales, clairement en dehors de la zone de jeu que j’avais prévu pour elles. Confiant avec mes Cascadia aux pieds, me voilà dans le single descendant super rapide revenant de Salto de Apoquindo. Une partie bien grisante, où il est facile de courir à 18 km/h et de se faire plaisir en se prenant pour un champion. Il faut juste faire attention à la partie traversant un mini pierrier, où rien n’est stable.

 

Avec les Speedcross, ça glisse mais les doigts de pied sont protégés. Avec les Cascadia, ça glisse aussi, mais cette fois-ci, les doigts de pied se font mordre. Les cailloux rentrent facilement dans les chaussures et il faut souvent s’arrêter pour faire le vide. En dehors du petit pare-pierre frontale, il n’y a aucune protection, alors attention aux flancs.

 

La protection des Cascadia est à peine mieux qu’une paire dédiée à la route. Pire, dans ses retranchements, le pied peut bouger en torsion dans la chaussure. Pas vraiment une paire à envisager pour la vraie montagne…

Un look… heu…

« Allo, Mr BROOKS ? Je viens d’apprendre à utiliser Paint, je peux venir m’occuper du style de vos produits ? »

 

Non, mais sérieux, vous avez vu ces horreurs ? C’était presque un frein à l’achat. Bon, après, la vendeuse m’a eu par les sentiments avec une grosse promotion, mais ma première question a été « vous l’avez pas dans une autre couleur ? Si ? Ah non, en fait, je vais rester sur la première… ».

 

Bref, le style de ces chaussures est dégueulasse, avec un gris déguelasse réhaussé d’un jaune fluo déguelasse. Honnêtement, au prix de base, je ne les essaye même pas, et pourtant, vu ses autres atouts, cela aurait été dommage. Alors une fois au pied, je me suis dépêché d’aller courir dans la poussière pour cacher tout ça.

 

Mr BROOKS, revoyez votre copie pour le look, même moi en maternelle je pouvais sortir des œuvres mieux que ça.

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Quelqu'un a vomis sur mes chaussures... ah non?

Alors, j’achète ou pas ?

Vendue à un prix de base de 140 euros, ça fait cher la chaussure d’entraînement. En même temps, la popularité grandissante du trail a fait augmenter les prix, et alors qu’il n’y a pas si longtemps, c’était déjà de l’abus, 140 euros aujourd’hui, c’est dans la moyenne du marché premium…

 

Pour moi, les Cascadia 12 sont d’excellentes chaussures de trail tant que l’on n’est pas sur un parcours avec des portions rocheuses et autres pierriers. Elles savent se faire oublier et c’est du bonheur de courir avec. Je pense même que c’est devenu ma référence comme chaussure routes et chemins pour l’entraînement ou de la compétition petites distances.

 

Je vous les recommande donc, après je les trouve chères à 140 euros pour ce qu’elles proposent. Elles leur manquent notamment une meilleure adhérence et un plus haut niveau de protection pour l’envisager sereinement en ultra, ce qui demandera d’investir dans une seconde paire de chaussures dans le même ordre de prix. Mais si vous pouvez les avoir en-dessous de 100 euros, foncez les yeux fermés !

 

Bon, j’ai eu une promotion récemment pour une paire THE NORTH FACE jouant dans la même catégorie. A voir si la référence va le rester ou non ! :p

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