Comment choisir sa lampe frontale

Romain Mouton | 7 décembre 2016

Tout le monde a déjà dû utiliser dans sa vie une torche, cet objet qui tient dans la main et qui permet de s’éclairer à la cave lorsque l’on va chercher une bouteille pour l’apéro. La grande différence avec la lampe frontale, c’est que cette dernière se positionne sur le front, laissant les mains entièrement libres. De quoi ramener plus de jaja donc.

lampe, frontale, choisir, test, randonnée, randonnee, trek, matériel, conseil, comment, boitier, lampe, bandeau, interrupteur, energie, batterie

Une bonne pub' pour PETZL tiens!

Avoir une lampe frontale n’est pas indispensable en soi pour nous autres trekkeurs. Surtout si l’on ne randonne qu’en période estivale, lorsque le soleil éclaire suffisamment longtemps dans la journée pour ne pas avoir à marcher de nuit. Un téléphone portable peut être suffisant au campement pour retrouver ses affaires. Mais si vous partez en exploration à des périodes moins propices, ou que vous êtes un couche-tard (voire pire, un lève-tôt), la lampe frontale peut s’avérer très utile.

 

Une lampe frontale, ou juste « frontale », qu’est-ce que c’est ? Et bien, c’est l’assemblage d’une lampe (LED ou incandescente), d’un boîtier, d’un interrupteur, d’une source d’énergie (batterie ou piles) et d’un bandeau. Jusque-là, c’est plutôt simple. Compliquons un peu les choses.

La lampe

Par le passé incandescente, la technologie majoritairement utilisée est aujourd’hui la LED, permettant un meilleur rendement, et donc, une meilleure autonomie. La technologie est également beaucoup plus robuste que les lampes à filaments d’autrefois, permettant à la frontale d’être plus résistantes aux chocs. L’inconvénient de la LED est qu’elle est moins puissante qu’une lampe incandescente, même si les frontales actuelles atteignent des puissances telles, que l’on est en droit de penser que les fabricants ont maintenant trouver la parade.

lampe, frontale, choisir, test, randonnée, randonnee, trek, matériel, conseil, comment, boitier, lampe, bandeau, interrupteur, energie, batterie

Le meilleur moyen de booster une LED, c'est de l'accompagner de copines

La puissance d’une lampe est exprimée en lumens, les puissances des frontales du marché pouvant aller de quelques lumens à plus de 1 000. Pour donner des ordres de grandeurs, nous n’avons besoin que de quelques lumens durant un bivouac, de 100 à 200 lumens si vous souhaitez marcher la nuit, et plus de 300 si vous souhaitez courir. Pour courir de nuit, c’est simple, plus vous avez de lumens, plus vous pouvez anticiper sur le sentier, et donc, plus vous allez vite.

 

Mais sans maîtrise, la puissance n’est rien, et la forme du faisceau a son mot à dire sur l’aptitude de la frontale à bien vous éclairer. Ce faisceau est soit large, soit étroit. Un faisceau large permet de diffuser la puissance sur une grande surface, et ainsi d’augmenter votre angle de vision, alors qu’un faisceau étroit va condenser la puissance pour augmenter la distance éclairée (portée de la frontale). Alors qu’en bivouac, un faisceau large est suffisant, progresser de nuit nécessite les deux types de faisceaux, le large pour ne pas perdre votre chemin et l’étroit pour déterminer dans quelle direction allée. Heureusement, certaines frontales cumulent les deux types de faisceaux, et parfois permettent même de les utiliser en combinée.

 

Enfin, la lampe blanche peut être secondée par une seconde de couleur rouge pour observer en toute discrétion la faune, ne pas réveiller vos compagnons en refuge ou en tente, ou profiter au mieux d’un ciel étoilé, la lumière rouge réduisant moins la taille des pupilles que la lumière blanche. Sur les frontales de course à pied, une seconde lampe peut être placée à l’arrière pour être mieux vu des autres. Un mode d’éclairage clignotant est parfois présent pour avertir les autres de sa position en cas de détresse.

L'interrupteur

L’interrupteur est souvent un bouton pression placé sur le dessus de la frontale, permettant de choisir la puissance, le type de faisceau et la couleur de la lampe. Il existe également d’autres types d’interrupteurs comme à potentiomètre ou à clic. Comprendre comment enchaîner les différents modes d’éclairage peut demander à passer un petit moment avec le mode d’emploi.

lampe, frontale, choisir, test, randonnée, randonnee, trek, matériel, conseil, comment, boitier, lampe, bandeau, interrupteur, energie, batterie

Interrupteur sur le dessus de la frontale

Une fonction intéressante de l’interrupteur (surtout à pression) est son verrouillage, qui permet d’éviter à la frontale de s’allumer toute seule dans le sac lorsqu’elle est en contact avec d’autres matos. Ainsi, on évite la déconvenue de la frontale vide au moment où l’on en a besoin.

 

Le pilotage de la frontale peut également être automatique. C’est le cas notamment de la technologie REACTIVE LIGHTENING de PETZL, permettant à la frontale de choisir le mode d’éclairage le plus efficace. Un capteur de luminosité est placé au-dessus des LED pour piloter le type de faisceau et la puissance d’éclairage. Ainsi, la lampe va réduire la puissance et utiliser un faisceau large en bivouac, lorsque vous manipulez des objets, et augmenter la puissance et utiliser un faisceau étroit lorsque vous regardez au loin. Le tout sans action de votre part.

Le boîtier

Le boîtier va contenir soit la lampe uniquement, soit la lampe et sa source d’énergie. Il va également servir d’interface avec le bandeau. Il faut ici s’assurer au moment de l’achat que le boîtier pivote par rapport au bandeau pour permettre de régler verticalement l’orientation de la lampe. Il faut également veiller à ce que le boîtier n’apporte pas de point dur au niveau du front pour que le portage de la frontale soit le plus confortable possible.

 

Le boîtier va également permettre de changer des piles ou une batterie. C’est souvent un point faible de frontales, l’opération pouvant exiger de la patience et du doigté que l’on n’a pas forcément au moment d’avoir à changer des piles au milieu de la nuit. Surtout que généralement, durant cette opération, on n’a rien pour s’éclairer.

lampe, frontale, choisir, test, randonnée, randonnee, trek, matériel, conseil, comment, boitier, lampe, bandeau, interrupteur, energie, batterie

Ouverture pour permettre le changement de piles

Le boîtier va de plus protéger la frontale de l’eau et de la poussière, et ainsi déterminer le niveau de protection IP de la frontale. Les frontales de grandes marques sont en général protégées de la pluie (IPX4), le top étant d’avoir un niveau IP67 autorisant l’immersion dans un mètre d’eau du boîtier. Mais un niveau de protection élevé est antagoniste au bon refroidissement de la lampe et de l’électronique.

La source d'énergie

Piles ou batterie, telle est ici la question.

 

Les piles ont pour avantage d’être disponibles à peu près dans tous les pays, même s’il faut parfois bien chercher avant d’en trouver. Il est également très facile de prendre des piles de rechange dans son sac.

 

La batterie a pour elle l’avantage d’être généralement mieux intégrée, ainsi que d’être rechargeable, le plus souvent par le biais d’une prise micro ou mini USB. Bref, un standard permettant de la recharger si besoin sur le terrain via un panneau solaire ou une batterie externe.

 

L’énergie stockée est exprimée en mAh. Une pile alcaline LR3 (ou AAA), la plus utilisée par les frontales, disposent d’une énergie légèrement supérieure à 1 000 mAh. Une pile LR3 au lithium sera légèrement plus performante en énergie et moins sensible au froid, mais se recycle mal. Enfin, une pile rechargeable LR3 peut aller de 500 à 1000 mAh, avec des durées de vie pouvant aller de 500 à plus de 2000 recharges. Avec trois piles LR3, l’énergie stockée dans le boîtier de la frontale est alors de 3 000 mAh., soit plus que dans les batteries généralement utilisées. Certaines frontales peuvent permettre l’usage des deux sources, mais dans la plupart des cas, elle ne donnera sa toute-puissance qu’avec la batterie.

 

Je vous recommande pour des questions écologiques d’utiliser les piles rechargeables.

 

Certaines frontales disposent également d’un indicateur de charge, permettant de savoir où l’on en est au niveau des stocks. Pour moi, c’est le top, surtout sur les modèles de frontales à puissance régulée. Les frontales classiques voient leur puissance se réduire au fur et à mesure que la source d’énergie se vide, permettant ainsi de savoir où l’on en est d’un point de vue autonomie. Les modèles à puissance régulée vont quant à elles ne pas montrer de signe de fatigue avant que la source d’énergie soit proche de la mort, passant ensuite en mode dégradé jusqu’au moment où vous faîtes le plein. Autant dire qu’en mode dégradé, on n’y voit plus grand-chose.

 

Enfin, le froid va plomber l’autonomie de la source d’énergie, et si vous êtes amené à trekker en régions polaires ou en altitudes, il peut être intéressé d’avoir une frontale dont la source d’énergie est déportée, c’est-à-dire dans un boîtier qui lui est propre et que l’on peut placer sous ses couches thermiques. Conserver des piles de rechange au chaud fonctionne également.

Le bandeau

Le bandeau n’est pas qu’un simple élastique à mettre autour de la tête. Je le vois plutôt comme un objet de mort appelant à souffrir le martyr toute la nuit pour me punir de faire un sport de débile où l’on ne dort pas toujours la nuit. Mais y en a des bien aussi !

lampe, frontale, choisir, test, randonnée, randonnee, trek, matériel, conseil, comment, boitier, lampe, bandeau, interrupteur, energie, batterie

Bandeau classique, mais lavable puisque l'on peut retirer le boîtier

Le bandeau n’est donc pas à prendre à la légère, et il faut pour moi qu’il soit réglable, élastique et confortable à porter (même si, sur ce dernier point, on n’y est pas encore, surtout sur le long terme). Si en plus le fabricant nous a mis un revêtement éponge au niveau du front, c’est le top pour la transpiration (à condition que l’on puisse laver facilement le bandeau, sinon, bonjour les odeurs).

lampe, frontale, choisir, test, randonnée, randonnee, trek, matériel, conseil, comment, boitier, lampe, bandeau, interrupteur, energie, batterie

Bandeau éponge

Les lampes frontales retenues dans les kits de matos

Seules deux frontales sont présentes à travers tous mes kits de matos. L’une pour courir (extension Trail), l’autre pour tout le reste.

Kits Starter, Bivouac, Islande, Navarino et Polaire

Pour les versions économiques de Starter et de Bivouac, je vous recommande de simplement utiliser votre téléphone portable, mais avec parcimonie. D’un côté, vous allégerez votre sac à dos en mutualisant deux fonctions avec un seul appareil, mais de l’autre, vous risquez de vider la batterie de votre portable et donc, de prendre le risque d’avoir plus assez jus s’il faut appeler les secours au besoin. Mais comme vous n’avez pas à investir dans une frontale, c’est déjà moins cher.

 

Vous pourriez me dire « oui, mais attends, y a des lampes frontales chez DECATHLON qui sont à moins de dix euros ». Dans ce cas-là, je vous répondrai que ces modèles ne disposent pas d’une puissance suffisante (moins de 50 lumens) pour justifier à mes yeux d’un tel achat.

 

Et sinon, vous avez l’option Tikka+ de PETZL. Avec 160 lumens en puissance régulée, je la trouve suffisamment performante pour marcher la nuit avec, même en montagne. Elle embarque trois emplacements de pile LR3 permettant l’usage de piles rechargeables, mais ne possède pas d’indicateur de niveau de charge. Plusieurs niveaux d’éclairage permettent également de pouvoir manipuler les objets sans s’aveugler. Une lumière rouge est également de la partie. J’écrirai bientôt un test dessus.

lampe, frontale, choisir, test, randonnée, randonnee, trek, matériel, conseil, comment, boitier, lampe, bandeau, interrupteur, energie, batterie

PETZL Tikka+ - Crédits PETZL

Extension Trail

160 lumens, c’est bien pour marcher, mais ça commence à devenir limite pour courir, surtout en descente. Dans le cas du trail, j’aime avoir au moins 300 lumens à disposition pour courir en plein phare et ne pas me vautrer à cause du petit caillou que j’avais pas vu. Surtout qu’en trail, quand on court la nuit, c’est que l’on a potentiellement aussi couru durant la journée et que l’on n’a plus les idées très claires.

 

Avec la NAO+ et ses 750 lumens, on devrait être tranquille. L’autonomie est également très intéressante, même si une deuxième batterie peut s’avérer utile pour les parcours de plus de deux nuits. A noter la présence d’une lumière rouge derrière la tête et une fonction de verrouillage pour éviter tout mise en route intempestive.

lampe, frontale, choisir, test, randonnée, randonnee, trek, matériel, conseil, comment, boitier, lampe, bandeau, interrupteur, energie, batterie

PETZL NAO+ - Crédits PETZL

Cet article vous a plu? Inscrivez à ma newsletter pour être averti de l'actu du site. Un mail par moi, aucun spam.

Copyright © 2018 Romain MOUTON

La pratique de la randonnée, du trekking et du trail, tous comme les autres sports nature comporte des risques inhérents à ces activités. Lemondeenrando.com vous recommande de les exercer avec la plus grande précaution, et en fonction de vos capacités. Les informations fournies sur le site ne sauront en aucun cas, engager la responsabilité de leurs auteurs. Lemondeenrando.com décline toute responsabilité en cas d’accident, et ne saurait être tenu responsable de quelque manière que ce soit.

En cliquant sur 'OK', vous acceptez l'utilisation des cookies. Voir nos mentions légales. OK