Comment choisir ses chaussures de rando

Romain Mouton | 24 mars 2017

Avec un sport qui consiste à marcher, forcément que les chaussures vont être un élément crucial du truc… Le saviez-vous ? Les chaussures sont les produits les plus vendus en magasin, et également l’un des plus rentables. De quoi faire preuve d'une imagination infinie pour attirer nos regards. Il est temps d’apprendre à se repérer devant ce mur de chaussures aux dénominations plus farfelues les unes que les autres.

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One pair of shoes to rule them all!!

Investissez dès le départ

Les chaussures sont la base de l’équipement, et je vous conseille de mettre le paquet dès le début. Même si au final, il s’avère que la randonnée, c’était une passion temporaire, une bonne paire de grolles vous durera toute la vie et vous permettra de vous promener en forêt ou de faire quelques pas sur la neige.

 

Première étape, se préparer psychologiquement à investir plus de 150 € dans une paire de chaussures. En-dessous et neuf, vous n’avez rien de sérieux. Seconde étape, trouvez un vrai magasin de rando, voir au pire, un DECATHLON. Oubliez les modèles de chez LA HALLE AUX CHAUSSURES ou autres, ici, on parle de prendre soin de vos pieds en montagne, on n’est pas là pour rigoler.

 

En effet, et contrairement aux chaussures de ville, le but ici est de trouver un modèle qui vous soit confortable, durable et avec un haut niveau de protection. Pas question de devoir appeler l’hélicoptère parce que vous avez mal à vos petits petons. Tout du moins, pas question que les secours se foutent de vous une fois sauvé(e), votre honneur est en jeu et c’est ma mission de le protéger ! Bon arrêtons d’écrire/lire n’importe quoi et passons au cœur du sujet : pour qu’une godasse coûte plus cher qu’un mocassin à gland, il faut bien une raison.

Caractéristiques d’une chaussure de trek

Les caractéristiques d’une chaussure de marche sont alors le confort, l’imperméabilité, la respirabilité, l’adhérence et la protection. Je pourrais également ajouter la facilité d’entretien et la robustesse.

 

Le confort passe par l’enveloppe du pied : il faut se concentrer sur la présence éventuelle de points de pression lorsque vous chaussez, et contrôler que le lacet permet une bonne tenue du pied. Les magasins possèdent généralement un plan incliné pour tester si le pied bouge dans la chaussure, et si vos doigts de pied ne touchent pas le fond de la godasse. Il est difficile de tester en magasin le confort sur la durée, mais sachez qu’une semelle marquée VIBRAM® est souvent gage de qualité. Le confort est très personnel, et difficilement transposable. Par exemple, pour moi, il m’est impossible de chausser des ASOLO qui ont une forme incompatible avec mes pieds. Alors que ma femme les trouve géniales.

 

L’imperméabilité passe le plus souvent par la présence d’une membrane GORE-TEX ou EVENT. Il faut également regarder du côté de la languette et s’assurer de la présence de soufflet permettant de faire le lien entre la languette et la chaussure sur toute la longueur. Sinon, l’eau passera entre la languette et la chaussure, et GORE-TEX ou pas, vous aurez les pieds trempés.

 

La respirabilité est partiellement incompatible avec l’imperméabilité, puisque la seconde empêche l’utilisation de meshs pour améliorer la circulation de l’air. Mais les membranes citées auparavant sont quand même pas mal et avec une bonne chaussette et un lavage fréquent de la chaussure, la respirabilité est souvent suffisante.

 

L’adhérence est sous la responsabilité de la semelle, et l’adhérence est souvent présente lorsque la semelle contient des blocs très espacés, permettant de stocker la terre et la flotte, et laisser le caoutchouc en contact avec le sol. Il faut également estimer (dans un magasin, ça se fait forcément au regard) la capacité de la semelle à débourrer, c’est-à-dire à se débarrasser de la terre stockée entre les blocs lorsque vous levez le pied.

 

La protection passe par l’usage d’un pare-pierre efficace à l’avant de la chaussure (vous le sentez en pinçant la zone près des orteils) et par des renforts le plus souvent moelleux au niveau des malléoles. Un petit débord de la semelle au niveau du talon est un plus appréciable. La rigidité de la semelle doit être suffisante pour pouvoir mettre des crampons à lanière, histoire d’avoir un peu de polyvalence et s’autoriser des traversées de névés ou de passages glacés délicats.

 

Enfin, l’entretien de la chaussure doit être facile et pouvoir se faire avec un minimum de produits. C’est pour ça que je n’ai jamais été fan du cuir, mais il est vrai que les chaussures en cuir ont une durée de vie plus grande que les autres, pour peu que l’on y fasse bien attention. Surtout que la plupart des chaussures de randonnées ont une semelle pouvant être changée une fois usée.

 

J’aurai bien aimé vous conseiller une paire de chaussures basses, comme celle que l’on utilise pour courir, mais elles demandent d’avoir un pied montagnard, le risque de foulure étant important. Et les chaussures de trail ne sont pas du tout polyvalentes : aucune thermicité (si vous voulez marcher dans la neige), une faible protection lorsque vous marchez dans les éboulis, et s’il pleut, c’est les pieds mouillés assurés même si vous prenez une version GORE-TEX (j’écrirai à membranes par la suite, parce qu’il n’y a pas que le GORE-TEX dans la vie). Mais le gros point faible reste la durée de vie de ce genre de chaussures, entre 500 et 1 000 kilomètres. Rapportée au prix, cela fait tout de même du 8 km/€.

 

Alors je vous conseille de partir sur des tiges hautes, plus communément appelées « grosses ». Elles tiennent bien les chevilles, offrent un bon niveau de protection et si dotées d’une membrane, elles vous permettront d’envisager les pluies d’été sans soucis et même pires. La durée de vie est généralement monstrueuse surtout que la plupart d’entre elles peuvent être envoyées au fabricant ou chez un cordonnier pour changer la semelle. Avec plus de 4 000 bornes de durée de vie, pour 190 € la paire, on monte à 21 km/€. Les inconvénients de ce genre de modèles sont une masse plus importante et une respirabilité moins bonne que ce que l’on trouve sur une chaussure de trail.

 

Quant aux chaussures à tiges moyennes, je n’ai jamais compris à quoi ça pouvait bien servir en trek… Je vais nuancer mes propos, je ne suis pas bien convaincu. On n’a pas la protection d’une grosse sans avoir la légèreté d’une chaussure basse. Il y aura bien la polyvalence, mais avoir une paire qui est nulle partout, je ne vois pas bien l’intérêt. :p

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La Sportiva Spantik

Mon retour d’expérience

Ma première paire de chaussures étaient des ASOLO, avant que ces foutus italiens changent leur chaussant. J’écris « foutus » car j’étais vraiment content de cette paire, et elle a su résister à tous les traitements que j’ai pu lui imposer. Elles ont quand même rendu l’âme, et je me suis égaré un petit moment avant de retrouver une bonne paire. J’ai pu tester les modèles de DECATHLON, confortables en magasin mais une horreur sur le long cours, et les Globo GTX de KAYLAND. Ces dernières étaient moyennement respirantes et une horreur en adhérence. Toujours dans ma période cuir, je me suis procuré des Tibet GTX de LOWA. La Tibet, c’est un peu la MERCEDES-BENZ de la chaussure de randonnée. Ultra confortable, très efficace, fiable mais diablement lourd. Pour que les pieds commencent à être trempées avec, il faut vraiment leur en mettre. Je les ai tuées après un trek où j’ai marché dans la neige en permanence : la neige a fondue, c’est mise dans les pores du cuir, ça a gelé, agrandissant les pores et abîmant petit à petit les chaussures. Quand on voit les prix de la paire, les boules…

 

Je roule maintenant en SCARPA Kinesis, beaucoup plus légère que les Tibet, et également plus respirante. Je peux même les emmener pour faire des courses faciles d’alpinisme. J’en suis actuellement à ma deuxième paire, et pour l’instant, je ne vois rien de mieux en magasin.

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J'ai deux paires de SCARPA Kinesis, une vieille et une qui a vu la GDT l'an dernier... dévinez qui est qui

Les chaussures des kits

Les kits Starter, Bivouac, Islande et Navarino

Comme écrit précédemment, le confort d’une chaussure est très subjectif, et le premier conseil que je peux vous donner et d’aller dans un magasin avec beaucoup de choix (comme Au Vieux Campeur et Expé).

 

Alors forcément, les vendeurs vont vous dire que la chaussure polyvalente n’existe pas, et qu’il faudra prendre plusieurs modèles pour répondre à tous les usages que je prévois ici. C’est souvent cause d’énervement pour moi, d’autant plus que je comprends bien que les vendeurs n’ont pas pu essayer toutes les chaussures dans tous les environnements. Certains essayent néanmoins de me convaincre qu’il est impossible par exemple de marcher en Ethiopie avec des Kinesis, ou de faire le Kilimandjaro avec. Pas de bol pour eux, c’est possible et je l’ai déjà fait avant de venir en magasin… C’est vrai qu’en Ethiopie, je n’avais pas froid au pied, mais la même paire me permettra de faire l’Islande, la Suède et bien d’autres destinations sans avoir besoin d’acheter une autre paire dédiée.

 

Bref, je m’emporte…

 

Honnêtement, mettez le paquet sur ce point d’équipement, même dès la version économique. Je vous recommande les miennes que je trouve génial, mais aussi des ASOLO en premier prix, qui sauront déjà vous emmener très loin. Mais il faut garder en tête qu’un essai en magasin sera obligatoire, chaque pied étant différent.

L'extension Trail

Comme pour les chaussures de randonnée, l’essentiel ici, c’est d’essayer plusieurs paires. Les grandes marques sont pour moi : ADIDAS, HOKA ONE ONE, LA SPORTIVA, SALOMON et SAUCONY. Il y en a d’autres bien sûr mais je ne les trouve pas assez durables dans le temps. Une paire de BROOKS, par exemple, tirera bien la langue après juste 40 bornes sur les sentiers du Lesotho.

 

Et parmi toutes ces marques, mes chaussures favorites sont les Ultra Raptor de LA SPORTIVA. On ne peut pas vraiment dire que c’est un chausson. Je me souviens d’un testeur qui écrivait que dans ces godasses, c’était plutôt « ambiance baquet de course ». Mais l’accroche est là, elles sont capables de parcourir deux fois l’Echappée Belle, un ultra dans Belledonne, quand une paire de SALOMON XT Wings vous lâchera en cours. La sensation de précision est également incroyable. Si vous comptez partir en hiver, vous pouvez opter pour la version GORE-TEX qui sera plus chaude.

Le kit Polaire

Pour ce kit, une autre caractéristique à prendre en compte est la thermicité de la chaussure. Avec un pied qui sera souvent enfoncé dans la neige à des températures négatives, il est facile de perdre quelques orteils à cause du froid. Pas en mouvement, mais en statique, lorsque vous vous refroidissez et que vos pieds ne bougent pas.

 

Je vous conseille de regarder du côté des chaussures d’alpinisme hivernal ou conçues pour les grands sommets. Un point que j’apprécie est l’utilisation d’un chausson amovible intérieur. Ce chausson peut être mis dans le sac de couchage la nuit pour ne pas trop douiller lorsque l’on enfile ses chaussures froides le matin, et le chausson peut être remplacé par des chaussons en duvet lors des phases en statique. Faites également attention à la facilité de laçage de la chaussure. S’il est possible de faire cette action avec des gants, vos doigts vous remercieront.

 

Je vous recommande une paire que je possède, les Spantik de LA SPORTIVA. Elles sont très moches, mais le système de laçage est juste d’une facilité enfantine, même avec des gros gants, et elles sont très chaudes. Je les trouve également très confortables, mais souvenez-vous, c’est très relatif.

 

Si vous ne souhaitez pas trop investir, ASOLO propose ses AFS 8000 qui offrent un beau niveau de protection à un prix plancher. Reste qu’elles ne sont pas très confortables pour envisager de la marche sur un sol non enneigé.

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